Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /Déc /2007 19:05
communiqué de presse fait à Rennes, le 29 novembre 2007
   
   
              L'Assemblée générale réunissant des étudiants de l'IEP de Rennes a
l'immense chagrin de vous faire part du décès de la Recherche Publique Française.
Alors même qu'elle amorçait un nouveau cycle de vie, la Loi Libertés et
Responsabilités des Universités du gouvernement français lui a porté un coup
fatal.
              Ces mêmes étudiants invitent tous les chercheurs et étudiants rennais
ainsi que tous les citoyens voulant LUI rendre un dernier hommage à se joindre,
mardi 4 décembre, à la marche commémorative qui partira de l'Institut d'Etudes
Politiques à 18h 30, pour se recueillir devant deux lieux qu'Elle affectionnait :
Dans un premier temps le CRAPE ( Centre de recherches sur l’action politique en
Europe  hébergé dans l'IEP, puis devant la Délegation régionale du CNRS, rue de
Paris.
   
  Nous demandons aux participants de respecter notre deuil, dans une grande dignité
; une musique de circonstance accompagnera notre marche. Les chercheurs citoyens
le plus touchés par ce drame seront convié à tenir la tête de la procession.
Par Rennes en lutte! - Publié dans : Actus autres lieux en lutte
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /Déc /2007 18:57

Université et démocratie : sauvons les AG ! (Charalampos ORFANOS, MCF à TOulouse II)

DSC00375.JPG


Texte proposé pour publication aux journaux "Le Monde" et "Libération" et refusé (7 décembre)


En tant qu’helléniste et en tant que citoyen, je suis interpellé cesderniers temps par une surenchère de la partie modérément conservatrice de notre société sur le thème de la démocratie. Le terme est employé partout et par tout le monde, dans la rue, dans la presse et, singulièrement, dans les journaux télévisés. En ce qui concerne mon milieu professionnel, l’Université, la revendication démocratique prend un aspect qui me paraît particulièrement paradoxal : des groupes de pression, sous forme de collectifs d’étudiants et d’enseignants, se sont formés un peu partout en France pour exiger l’organisation par les administrations des Universitésde scrutins à bulletin secret portant sur le mode de mobilisation de la communauté estudiantine. L’argument principal invoqué en faveur de ce mode opératoire est son caractère éminemment démocratique. Le-voici clairement et scientifiquement formulé par l’un des syndicats des personnels de mon Université : « (…) la seule procédure connue et légitime est le vote à bulletin secret. Le vote, rappelons-le, est un mode d’expression individuel sous forme de droit légitime (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789),
permettant à un groupe de personnes de prendre une décision qui les engage collectivement. Les décisions sont prises à la majorité, à l’intérieur d’une communauté d’électeurs inscrits sur des listes officielles. Au cours du XIXe puis du XXe siècle, en même temps que se consolidait la démocratie politique, se sont peu à peu établies les bases du suffrage universel et du secret du vote, garanti par l’usage de l’isoloir. Ce type de vote permet d’empêcher les pressions sur les votants.Les bulletins anonymes sont déposés dans une urne pour être dépouillés et comptabilisés une fois le vote terminé. Le dépouillement se fait en public et sous les yeux des assesseurs, afin d’éviter les fraudes. » [1] En effet, cela tombe sous le sens : « Curieux démocrates
! », ironisait un journaliste de France Inter, en commentant une décision de la Coordination nationale étudiante de Tours condamnant les votes à bulletin secret. Je voudrais pour ma part rappeler une autre évidence, peut-être moins évidente pour certains : la démocratie, «pouvoir du peuple », telle qu’elle était pratiquée à Athènes, au Ve siècle avant notre ère, était fondée sur la « liberté de langage et d’opinion » exercée par « tout citoyen qui le souhaitait »,au sein d’un organe collectif souverain, l’Assemblée du peuple (Ecclésia toû dèmou). Liberté d’y participer ou non,absence de quorum (sauf en quelques rares occasions), et vote à main levée sont les caractéristiques les plus importantes de cette instance délibérative. La logique du système est simple : l’assemblée du peuple ne représente personne ; elle est le peuple en action. C’est ce qui fait la différence entre une démocratie et une république. Dans une démocratie, le peuple exerce le pouvoir par son implication directe et quasi permanente. Dans une république, il le délègue librement, par les moyens invoqués dans  l’extrait cité plus haut. Après la Révolution de 1789, et surtoutpendant les premières décennies du XIXe siècle, il y eut en France un vif débat théorique où les deux régimes furent systématiquement comparés, sans jamais être confondus. La conclusion fut alors que l’hyperactivité politique des Anciens n’était pas du goût des Modernes, qui préféraient, eux, jouir de leur propriété et vivre tranquilles, loin des tracas de la politique, une fois qu’ils avaient élu leurs représentants. Il va de soi que, pour jouir de sa propriété, il faut en avoir une, et que, par conséquent, la France qui pensait ainsi était la « France d’en haut ». Mais il est toutaussi vrai que, malheureusement, on n’a pas trouvé mieux que la république depuis. Deux siècles se sont écoulés,pendant lesquels des « doses » de plus en plus importantes de démocratie furent injectées dans le mode de fonctionnement formel ou informel de la République. Ce fut le résultat de « luttes », « acquis sociaux » et autres abominations que la pensée unique actuelle tente de discréditer. Mais je croyais naïvement que cette question-là, la question de la démocratie, était résolue. Que nous étions tous conscients de vivre dans une république, par ailleurs exemplaire pour le bon fonctionnement de ses institutions (ayant passé les premières années de ma vie dans la Grèce des colonels, je peux en témoigner), mais pas dans une démocratie ! Je croyais que par «démocratie », nous entendions les différentes « libertés » déviantes, certes, par rapport au système représentatif, mais toujours tolérées, commedes garde-fous officieux, non institutionnels, de nos institutions.

Parmi les petites folies démocratiques tolérées jusqu’ici par notre république, les fameuses AG des étudiants. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’urne devant la tribune qu’elles sont moins démocratiques que d’autres. Elles ne sont pas moins démocratiques que d’autres parce qu’elles seraient moins représentatives ; une fois de plus, je n’ai jamais vu de Khmer rouge garder les portes de nos amphis pour empêcher les opposants à la grève de s’y introduire. En revanche, j’ai vu souvent des étudiants, toujours minoritaires, occupés à leurs jeux vidéo le temps que les débats finissent, pour enfin voter « non » aux piquets de grève. Et j’ai vu aussi autre chose : j’ai vu que, au plus fort du mouvement, tous les jours, le Ministère comptait soigneusement les facs
bloquées. Non pas celles qui débattent, qui revendiquent ou qui contestent la loi LRU, mais celles qui sont bloquées.Alors, oui, je suis solidaire des étudiants en lutte. Parce que je pense que le texte voté en août dernier est un mauvais texte et que, malheureusement, c’est là le seul moyen de le dire de façon audible. Les étudiants qui occupent leurs Universités ne sont pas tous des gauchistes écervelés, ils sont pour la plupart inquiets de leur avenir et de l’avenir du pays ; et ils n’ont pas tort. Je ne fais pas d’angélisme, je sais bien que des pressions peuvent s’exercer au sein des AG, que des méthodes dilatoires alourdissent l’atmosphère des amphis et que les garanties sont médiocres,mais, enfin, une fois de plus, on n’a pas trouvé mieux ! Les « consultations » à bulletin secret organisées par nous,leurs aînés, leurs profs et souvent leurs mentors, sans débat préalable, avec la consigne implicite et parfois explicite de voter contre le blocage, ne sont ni plus démocratiques que leurs votes à main levée, ni plus impartiales, ni plus légitimes. Elles sont juste des résurgences intempestives du vieux débat dix-neuvièmiste dont je parlais plus haut. Indépendamment des
circonstances actuelles, il me paraît donc urgent d’affirmer la légitimité des Assemblées générales des étudiants et de défendre cet espace de démocratie contre les attaques incessantes dudiscours dominant, dont certains de mes collègues et, malheureusement, certains étudiants se font les porte-parole.

Pour l’anecdote : les inventeurs de la démocratie n’ignoraient pas les «urnes » ; ils s’en servaient dans les tribunaux, ainsi que pour le seul vote à bulletin secret qu’ils eurent l’idée d’organiser au sein de l’Assemblée, celui qui portait sur l’ostracisme, expulsion arbitraire (sans délibération), de citoyens jugés dangereux pour le régime démocratique. Or, ces scrutins parfaitement conformes à nos standards sont les seuls votes de cette époque sur lesquels pèse un soupçon de fraude ou de tentative de fraude électorale : en 1937, un archéologue
américain a découvert dans un puits au pied de l’Acropole 190 ostraca (tessons de vase servant de bulletins de vote) où le nom de Thémistocle avait été gravé par seulement 14 mains différentes…

Charalampos ORFANOS, MCF, Département de langues et littératures
anciennes,Université de Toulouse II – Le Mirail

[1] « Bulletin secret ? », texte du SGEN-CFDT paru sur le site Internet
del’Université de Toulouse II – Le Mirail (http://www.univ-tlse2.fr/,
Espace « Expression libre sur le mouvement LRU »).

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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /Nov /2007 15:12
Sur les forum du Nouvel Obs aujourd'hui, une interview de JP Legois, un historien spécialisé dans les mouvements étudiants. Ce qui peut permettre de donner un peu de perspective à la vision que certains portent de la mobilisation actuelle...

http://forums.nouvelobs.com/politique/506487-1236/1-nok/Jean-Philippe+Legois.html
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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /Nov /2007 15:08

L'assemblée générale des personnels de l'Université Paris 1, réunie à l'appel de l'ensemble des organisations syndicales ce mardi 27 novembre 2007, a décidé d'exprimer son opposition à la loi de réforme de l'université et d'appeler l'ensemble du monde universitaire mais aussi l'ensemble des citoyens français soucieux de préserver une université de qualité, ouverte, démocratique et autonome, à se mobiliser pour  en
défendre les principes :

-          _Démocratie de fonctionnement_ : contre la présidentialisation nous affirmons la supériorité du fonctionnement démocratique pour préserver la qualité pédagogique et scientifique de l'université ;

-          _Compétence scientifique collective_ : contre les recrutements biatoss et enseignants laissés au bon vouloir et aux appréciations personnelles d'un président et de ses conseillers, nous réaffirmons la supériorité du recrutement par les pairs dans le cadre des commissions de spécialistes ;

-          _Gratuité des enseignements_ : contre la tentation de substituer les diplômes d'université, dont les contenus et les modes de financement sont laissés au bon vouloir de chaque établissement, nous exigeons que les diplômes nationaux gratuits soient sauvegardés et que leur valeur soit préservée par rapport aux autres par des dispositifs de refinancements ;

-          _Redistribution interne des financements de la recherche_ : contre la subordination indirecte de l'université à travers des modes de financements par sponsoring, donations et agences de moyens nous
exigeons la mise en place de structures démocratiques internes permettant d'organiser de manière pérenne les refinancements et péréquations entre disciplines, entre matières et entre types de recherches.

-          _Péréquation internuniversitaire des financements_ : contre le risque de voir progressivement les financements privés se concentrer sur certaines institutions à l'image prestigieuse ou commerciale nous
appelons à mettre en place un système national de péréquation interuniversitaire pour la répartition des financements privés.

Pour atteindre ces objectif et défendre ainsi la valeur d'un système universitaire de qualité, ouvert, démocratique et indépendant  qui n'a rien d'autre à envier aux écoles privées ou élitistes que leurs financements privilégiés y compris de l'Etat, nous appelons à participer au débat organisé à Jussieu de 12 h à 14 h  jeudi 29 novembre et nous appelons l'ensemble du monde universitaire et scientifique à se mobiliser :

1)       à rejoindre les manifestations publiques organisées aujourd'hui et dans les prochains jours ;

2)       à diffuser des tracts et à faire de l'information systématique sur les conséquences de cette loi au détriment de l'université ;

3)       à organiser des ateliers de débats et de mobilisation ainsi que des journées banalisées pour favoriser l'élaboration de dispositifs d'une autre réforme de l'université ;

4)       nous appelons l'ensemble des acteurs de l'université et notamment les syndicats enseignants à effectuer un débrayage jeudi 29 novembre 2007 et à déclencher un vaste mouvement de grève de tous les
personnels le mardi 4 décembre 2007 ;

5)       nous appelons tous les acteurs de l'université à se mobiliser pour obtenir que le gouvernement s'engage à suspendre la mise en oeuvre de cette loi.


Sorbonne, mardi  27 novembre  14 h. 15

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Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /Nov /2007 19:05

Contribution reçue sur l'adresse rennesenlutte@no-log.org



 

Quelle(s) forme(s) de vote pour les Assemblées Générales?

 

La question du vote à bulletin secret a été récurrente dans les dernières assemblées générales, ainsi que dans les médias. D'un côté, certain-e-s (y compris parmi les grévistes) estiment que le refuser c'est faire preuve d'autoritarisme. D'un autre côté, nous défendons le fait que ce type de vote est une manoeuvre visant à briser les grèves en rappelant que cette mesure fait partie du programme électoral de Sarkozy. Pourquoi parlons nous de cassage de grève?

 

Nous ne cherchons pas à nous opposer à la démocratie, et nous n'avons d'ailleurs plus à le prouver: nous acceptons que tout le monde s'exprime librement dans les assemblées générales avec un matériel sonore que nous mettons à disposition, alors que dans le même temps la présidence refuse de prêter ce matériel et empêche les étudiant-e-s de débattre sereinement en propageant des contre-vérités dans tous les médias. Parler de manipulations de notre part pour imposer la grève relève donc des fantasmes intellectuels, preuve en est faite lors d'une des premières assemblées générales où la question du blocage avait été proposée, et refusée par l'AG, sans que nous ne contestions cette décision.

 

Il nous faut donc expliquer pourquoi nous considérons le vote à bulletin secret comme illégitime. Il l'est tout d'abord parce qu'il s'inscrit dans une logique individualiste, qui se trouve donc en opposition totale avec le principe essentiel des assemblées générales: l'élaboration et la prise de décision collectives et démocratiques.
En effet, nous estimons que la démocratie ne consiste pas dans le simple fait de placer un bulletin dans une urne de manière ponctuelle et isolée. Pour un tel fonctionnement, on parle d'un régime plébiscitaire. La démocratie est un processus plus complexe, qui associent tou-te-s les individus qui se sentent concernés par la vie collective sur le lieu de travail ou d'études, et qui décident dès lors de prendre en charge eux mêmes leur avenir de manière collective. La démocratie est aussi un processus d'émancipation des tutelles bureaucratiques ou autres.

 

Cette réappropriation collective des perspectives suppose donc une participation. La démocratie participative, ce n'est pas un slogan martelé par des politicien-ne-s en manque d'inspiration, mais la condition sine qua non d'un régime démocratique. Il s'agit alors pour tous ceux qui se sentent concernés de débattre ensemble, avant de prendre une décision collective, élaborée ensemble et débattue.

 

La participation à la démocratie, au débat démocratique, ce n'est pas uniquement faire acte de présence en attendant les votes. Participer, cela signifie prendre part au débat, défendre des positions, argumenter, tenter de convaincre ou de dissuader de manière rationelle (et non de persuader par la force, la notoriété ou autre). En démocratie, seul-e-s ceux et celles qui participent au débat peuvent donc prétendre avoir la légitimité de la participation aux votes.
Les propositions qui sont soumises au vote ne sont donc pas définitivement arrêtés, elles peuvent évoluer en fonction des débats. C'est pourquoi ces votes ne peuvent avoir lieu qu'à l'issue d'un débat, et qu'ils ne peuvent se faire qu'avec ceux et celles qui ont participé aux débats (qu'ils prennent la parole ou non – tant qu'ils participent).

 

Face à cela, le vote à bulletin secret serait le garant des libertés démocratiques.

Cette position n'est intellectuellement pas viable. En effet, du fait que ce type de vote permet de supprimer ou de rendre inutile tout débat préalable, du fait qu'il s'oppose à l'élaboration collective d'une proposition ou d'une décision, et enfin du fait qu'il pose un antagonisme indépassable entre deux positions (Pour/contre, Oui/non, etc), ce type de vote ne relève pas du vote démocratique mais du plebiscite (un exercice fort apprécié par Napoléon III mais qui est encore au goût du jour dans certains régimes comme celui de La Havane)...

 

On nous rétorquera que le débat peut se faire hors des assemblées générales, mais de quel débat veut-on nous parler? Hors de la confrontation collective d'idées et d'opinions qu'est l'assemblée générale, il ne s'agit pas de débats mais d'exercise de persuasion orchestré par ceux et celles qui pourront hurler le plus fort dans les médias. A ce petit jeu, la présidence d'université tire aisément son épingle du jeu en laissant peser sur les étudiant-e-s tout type de menaces en cas de blocage.
Un débat démocratique ne peut en aucun cas être un débat unilatéral, à moins que l'on défende une conception de la démocratie comparable à celle qu'imposait le komintern dans la pravda en des temps obscurs et bien peu reluisants. Dans ces conditions, il n'y a pas de débat démocratique, car il n'y a pas de cadre permettant l'élaboration d'une décision collective.

 

Depuis longtemps, on cherche à briser les mouvements sociaux en se basant sur ce type de pratiques. Ces manipulations réactionnaires ont toujours été refusées, nous continuons de les rejeter, au nom de l'unité du mouvement étudiant.

Nous restons les premiers défenseurs de la démocratie directe, qui implique la participation et l'implication de tou-te-s ceux/celles qui le souhaitent dans l'élaboration des décisions, et sommes donc en totale opposition avec la démarche de plébiscite qu'est le vote à bulletins secrets. Nous condamnons ces mesures réactionnaires visant à supprimer le débat et diviser les étudiant-e-s en deux camps qui seraient à jamais irréconciliables.

 

Contrairement à ce que sous entend ce type de vote, il n'existe pas de positions innées et définitivement arrêtées entre « pour » et « contre », entre « grévistes » et « anti-grévistes ». Pour reprendre une formule célèbre: on ne naît pas gréviste, on le devient...

 

PS: à ceux qui estiment que les votes des assemblées générales ne sont pas démocratiques, du fait qu'ils se déroulent souvent à mains levées ou du fait qu'ils n'associent que ceux et celles qui participent aux assemblées générales, il paraît nécessaire d'éffectuer quelques rappels.

L'assemblée nationale fonctionne initialement avec des votes à mains levées. De plus, seul-e-s les député-e-s présent-e-s peuvent participer au vote. Dans la logique implacable proposée par les anti-grévistes, l'assemblée nationale n'est pas démocratique.

Enfin, sur des assemblées générales rassemblant plusieurs milliers de personnes, les votes litigieux à mains levées peuvent être transformés en des votes comptés (du moment que ceux et celles qui votent sont des personnes participant-e-s à l'assemblée générale), ce qui peut aussi permettre de rassurer un certain nombre de grévistes ou anti-grévistes sur la validité des décisions.

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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 18:00
Ce midi, une Assemblée Générale a réunie dans un premier temps environ 1500 personnes.

Par la suite, ce sont près de 3000 personnes qui étaient présentes à la fin de l'AG.

Il a notamment été question des questions de la façon dont la mobilisation devait s'orienter afin d'aller vers une mobilisation plus massive, avec des débats de fond, impliquant à la fois personnels et étudiants. L'attitude anti-politique de la présidence a donc été assez largement dénoncée comme empêchant tout débat de se tenir. Une proposition a donc été faite en ce sens, en proposant une (première?) journée de forum mercredi, à laquelle pourront participer les étudiants, personnels enseignants et non enseignants, chercheurs, lycéens, etc.

Une information devrait être faite avec la production d'un tract précisant les différents thèmes de débats de cette journée.

Les personnels seront en tête du cortège lors de la manifestation de demain.

Une manifestation nocturne aura lieu jeudi à 22h, elle devrait partir du Blosne.
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 17:58
Communiqué transmis par les organisations signataires

              Dans son article « A Rennes 2, une manipulation organisée » daté du
lundi 26/11 ; Gilles Kerdreux se permet certaines approximations plus que
douteuses et des diffamations contre les organisations étudiantes. Si ce
« journaliste » était réellement venu sur le campus de Rennes 2 pendant le
mouvement, il se serait bien rendu compte que Sud Etudiant, la LCR et AL
développent des conceptions et des positionnements tactiques bien différents sur
la grève que les « autonomes ». 

              De plus, la volonté de proposer un calendrier pour la mobilisation
n’est en rien un signe de « manipulation organisée » mais bien la preuve d’une
prise en compte des réalités de mobilisation des étudiant-e-s. Nous n’avons jamais
caché notre volonté de construire un mouvement national contre la LRU, ce qui
comprend évidemment la mise en place d’un calendrier de mobilisation (journées de
manifestations nationales, AG le même jour sur les facs…). Nous dénonçons
aujourd’hui cet arsenal répressif et diffamatoire contre le mouvement étudiant et
les organisations de jeunesse : cet article en fait parti.

              Sud étudiant rappelle par ailleurs son indépendance syndicale : si ce
communiqué est cosigné par ces trois organisations, il s’agit uniquement d’un
souci de réponse unitaire face à une attaque commune.
   
  Sud étudiant Rennes, AL Rennes, LCR jeunes
Par Rennes en lutte! - Publié dans : Actu Rennes 2
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 23:01
Voici la motion votée par l'AG des personnels de Rennes I... Un exemple pour Rennes II?

 

Université Rennes 1 - CNRS

Après le succès de la grève du 20 novembre et des manifestations de la Fonction Publique aux côtés des cheminots, électriciens, gaziers, et des étudiants, les personnels de l’Université Rennes 1 se sont réunis en Assemblée Générale le 23 novembre à l’appel des syndicats CGT (FERCSup, SNTRS), SNPREES-FO, FSU (SNESUP, SNCS), SUD (Etudiant, Education, Recherche EPST), CNT-STE.

L’assemblée Générale demande à la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche l’ABROGATION de la loi LRU, comme préalable à l’ouverture de négociations pour répondre aux revendications des personnels et des étudiants.

L’assemblée Générale des personnels de Rennes 1 et des établissements de recherche condamne la répression mise en oeuvre par le Président de l’Université Rennes 1. Elle lui demande de faire cesser toutes les postures d’intimidation des vice-présidents de l’Université lors des assemblées générales, ainsi que le fichage des étudiants grévistes et un comportement des vigiles à la frontière de l’illégalité.

Le Président de l’Université Rennes 1 ne saurait se positionner comme "donneur de leçons" en matière de démocratie, alors qu’il a lui-même participé à la co-rédaction de la loi LRU au sein de la Conférence des Présidents d’Université (CPU). Le Conseil d’Administration n’a pas été consulté sur ses prises de position au sein de la CPU, pas plus que sur la Commission de pilotage pour l’application de la loi LRU, commission sans aucune légitimité.

Les Assemblées Générales sont le lieu de débats qui permettent de prendre des positions communes sur la base de votes transparents fondés sur l’échange d’arguments contradictoires. De telles AG sont légitimes !

Dans un contexte revendicatif puissant, l’Assemblée Générale des personnels rappelle ses revendications :

C’est maintenant que nous pouvons faire reculer la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche :

ABROGATION DE LA LOI LRU

CONTRE la MISE EN OEUVRE de la LRU à RENNES 1

L’AG appelle les personnels à se joindre à la manifestation étudiante

du mardi 27 Novembre

(11h30 Place de la Gare *)

* Horaire à confirmer, des préavis de grève ont été déposés pour le 27 novembre.

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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 13:57
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 13:46
Depuis le début du mouvement étudiant contre la loi réformant les universités, dite loi Pécresse, il est frappant de constater à quel point est massivement présente, dans les témoignages recueillis par les journalistes, la parole des présidents d'université. Etant admis qu'une communauté universitaire comprend pour l'essentiel trois composantes (étudiants, enseignants et personnels administratifs), tout se passe comme si, pour connaître l'avis des deux dernières catégories, le seul avis des présidents d'université suffisait.

 

Certes, ceux-ci sont élus parmi leurs pairs enseignants, mais la légitimité de l'élection n'en fait pas pour autant les uniques représentants des centaines d'enseignants et de membres du personnel de chaque université. Et ce, d'autant moins que la loi en question est un curieux hybride d'idéologie néolibérale et d'aspirations dominantes au sein de la Conférence des présidents d'université (CPU), qui ne datent pas de l'élection de Nicolas Sarkozy et qui sont partagées par des présidents de bords politiques différents, la fonction tendant à transformer la personne.

Assez curieusement ceux-là même qui se plaisent à rappeler à tout instant - y compris dans l'étonnant éditorial du Monde du 14 novembre - l'approbation de la nouvelle loi par la CPU se gardent bien de la mettre en rapport avec les nouveaux pouvoirs conférés aux présidents par la loi Pécresse. Pour comprendre les enjeux de cette affaire, il vaudrait mieux d'ailleurs éviter de postuler un conflit caricatural opposant les modernes et dynamiques partisans de la réforme aux opposants archaïques, empêtrés dans l'immobilisme.

Or, il convient de rappeler que la nouvelle loi ne se justifie en rien par la nécessité de dépasser un régime d'assemblée anarchique, qui interdirait les décisions claires. Avant même son vote, les institutions des universités françaises étaient déjà affectées par un fort tropisme "présidentialiste". A titre indicatif, le président n'était en rien responsable devant les conseils centraux de l'université et, en cas de conflit sérieux, la seule arme qui demeurait au conseil d'administration était de refuser de voter le budget annuel (faisant ainsi courir à la communauté le risque d'une administration rectorale directe). Si le conflit ne trouvait pas de solution, le seul espoir était une démission présidentielle, puisque aucun type de vote de défiance ou de mise en minorité ne pouvait conduire à une remise en cause du pouvoir attribué le jour de l'élection. Les seules limites à ce pouvoir tenaient à ce qu'il allait de soi qu'un certain nombre de domaines ne relevaient pas du champ d'action du président, notamment pour le recrutement des enseignants, et que la responsabilité de la politique scientifique de l'établissement était largement partagée avec le conseil scientifique.

Ces fragiles garde-fous disparaissent avec la nouvelle loi : le conseil d'administration perd toute possibilité de refuser le budget et le champ des prérogatives présidentielles s'accroît considérablement (y compris pour les recrutements d'enseignants), comme si l'hyperprésidence sarkozyste constituait un nouveau modèle pour toutes les hiérarchies sociales et pour toutes les formes de gouvernance.

Cette loi rend possible - tout dépendra de la personne appelée à occuper ces fonctions - une forme de despotisme présidentiel dont on peut craindre qu'il ne soit pas toujours éclairé. Ce faisant, se développeront symétriquement, à des degrés inconnus jusqu'alors, une concentration de tous les pouvoirs entre les mains d'un nombre de personnes extrêmement limité et, partant, d'inévitables pratiques de clientélisme.

La politique scientifique des établissements risque d'en être profondément affectée, car nous aurons alors affaire à une nouvelle université où la possibilité d'un développement de tous les types de recherches sera soumise aux décisions des mêmes individus, pour le plus grand malheur de la pensée critique.

Il est fondamental que les universitaires affirment que ce combat contre la loi votée en août dans la précipitation est aussi le leur. Il est urgent que les organes de direction prennent clairement position contre elle, comme l'ont fait à plusieurs reprises le président et les instances élues de l'Université Paris-VIII à laquelle nous appartenons. Il serait bon que les rares présidents qui ne veulent pas de ce surcroît de prérogatives et en mesurent les dangers le disent clairement. Il faut enfin que les enseignants et les membres du personnel s'organisent pour faire entendre leur voix et pour dire que les déclarations des présidents d'université et les communiqués de la CPU ne traduisent pas ce que beaucoup d'entre nous pensent de cette loi. Bref, il faut faire savoir que certains ne parlent pas et ne parleront pas en notre nom. 

Pierre Bayard, Denis Bertrand, Alain Brossat, Martine Créac'h, Françoise Crémoux, Jean-Louis Déotte, Jean-Louis Fournel, Bertrand Guillarme, Serban Ionescu, Tiphaine Samoyault, Mireille Séguy sont enseignants de l'université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis

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